Eclairage

Les étapes pour devenir religieuse

Comment devient-on religieuse aujourd’hui? Le nombre de religieuse est en chute libre en France et plus largement dans les sociétés occidentales. On s’intéresse cette semaine aux différentes étapes pour devenir religieuse, de la découverte de la vocation aux voeux définitifs.

 

Revue du web

Portrait d’une catholique militante

Témoignage Chrétien fait le portrait de Josette Gazzaniga, 73 ans, qui a consacré sa vie au militantisme que ce soit par l’intermédiaire de l’Eglise, de partis politiques ou de syndicats.

 

TCrevue

Crédit photo : Capture d’écran du site « Témoignage Chrétien ».

 

Alphabétisation, lutte ouvrière, Algérie indépendante : Josette Gazzaniga est sur tous les fronts. Cette retraitée a consacré sa vie au militantisme, aux manifs et aux actions de terrain. C’est en tout cas le portrait qu’en dresse Témoignage Chrétien qui lui consacre un article.

« [Elle] n’a jamais songé au mariage et a renoncé à la vie religieuse après un essai infructueux. Elle a simplement décidé d’être disponible à 100 % pour les autres, même si quelquefois cela coûte, » explique l’hebdomadaire.

 

Lire le portrait sur le site de Témoignage Chrétien :  http://www.temoignagechretien.fr/ARTICLES/Societe/Pour-les-autres/Default-37-4426.xhtml

 

Portrait

Entrer dans la vie religieuse : “affronter le poids des regards n’est pas facile”

Anne* a 23 ans. Jeune professeure des écoles, elle envisage d’entrer dans la vie religieuse. Une décision difficile qu’elle a murie au fil des rencontres malgré les réticences de son entourage.

 

Des religieuses aux Journées mondiales de la jeunesse à Madrid en 2011. Crédit photo : Flickr/CC/Madrid2011jmj.

 

C’est pendant son année Erasmus en Autriche qu’Anne, jeune professeure des écoles tout juste dipômée, a commencé à envisager d’entrer dans la vie religieuse. C’était il y a deux ans, elle étudiait alors les langues étrangères dans une université autrichienne et, par un concours de circonstances, elle s’est retrouvée à habiter dans un foyer d’étudiants catholiques. « J’ai rencontré pour la première foi des étudiants hyper engagés dans leur foi et heureux de le dire, » se rappelle-t-elle, admirative. Pendant un an, elle baigne dans cet environnement religieux. Elle rentre en France avec la conviction que la foi occupera désormais une place importante dans sa vie. « Là-bas j’ai grandi dans ma foi de façon très libre, » assure-t-elle. « Je n’étais pas soumise aux préjugés qu’on a parfois en France contre ces pratiques taxées de ‘tradi’. »

Les choses se précisent un an plus tard aux Journées mondiales de la jeunesse à Madrid. Elle prend conscience au cours de cette semaine qu’elle ne peut envisager la foi que dans une forme de radicalité, de pleine dévotion. « Ces JMJ ont été pour moi une vraie révélation, une vraie rencontre personnelle avec le Christ, » se souvient-elle. Elle se lie d’amitié avec une jeune religieuse sur le point de formuler ses voeux définitifs en qui elle trouve une confidente. « C’est la première religieuse avec laquelle je passais autant de temps, » confie-t-elle. « Elle a accepté de m’accompagner sur le chemin en me faisant part de ses sentiments. »

 

Un choix qui n’est pas une évidence

Le couvent n’était pas un rêve de petite fille pour Anne. « Quand j’étais plus jeune je me disais : surtout pas ça, c’est pas pour moi, non merci. » Elle grandit dans une famille chrétienne peu pratiquante. « Chacun était libre de faire comme il voulait, » se souvient-elle. Au lycée elle rejoint une aumônerie avec des amis. Encore aujourd’hui elle voit ces premières années comme une sorte d’initiation : « Je ne faisais pas les sacrements, je ne m’approchais pas de la foi profonde, j’étais juste touchée par les rencontres dans le parcours de l’aumônerie. » L’idée de donner sa vie entière à Jésus et à l’Eglise l’interpelle mais la question s’arrête là.

Le chemin se fait lentement. Elle visite régulièrement différentes communautés, anime parfois la paroisse et joue de l’accordéon à l’église. « C’est un instrument peu répandu sur les bancs des églises, » dit-elle en riant. Progressivement germe l’idée de consacrer sa vie à Dieu. « Accepter cela n’a pas été facile, il m’a fallu pas mal de temps, » reconnaît-elle.

Elle rejoint finalement le groupe « recherche » du service des vocations du diocèse qui accompagne tout jeune qui s’interroge sur la vocation. « C’est un groupe très discret, on est accompagné par une prêtre du diocèse et une religieuse, » explique-t-elle. Le principe ? Une fois par mois ce petit groupe se réunit pour parler de sujets comme le mariage, le célibat et la prière.

 

Le regard des proches

Le plus difficile pour Anne est encore le regard de ses parents. Pour eux, ce choix est une façon de se couper du monde et de fuir la réalité, une vision que Anne a elle-même un temps partagée. « Ils ne connaissent pas cette réalité de la vie religieuse, » confie-t-elle. « Ils sont beaucoup moins tranquilles que moi : il y a une incompréhension complète du sens de ce choix. »

Le père d’Anne est le plus compréhensif. « Il pense que c’est à moi de faire le choix, même s’il m’a dit que c’était dur, » se livre-t-elle. « Les parents rêvent toujours de voir leurs enfants avoir des enfants. Pour moi le plus dur serait de faire souffrir mes proches. »

 

Se projeter dans l’avenir

La possibilité de fonder ou non une famille est au coeur de cette décision. « Cela me fait beaucoup réfléchir, » confie-t-elle. « C’est un argument de poids dans la réflexion et ça ne laisse pas insensible. Ca relève de la question du sens de la vie, du but de la vie. » Pourtant elle est convaincue qu’une forme de transmission, similaire à la transmission mère-enfant, est possible à travers la religion.

La décision d’Anne n’est pas encore arrêtée. « Je n’ai pas toujours la pensée claire sur ce choix, ça dépend des jours, » admet-elle. « Mais je suis heureuse de savoir que ce choix soit possible. » Les discussions qu’elle a eues avec d’autres religieuses semblent pourtant la convaincre de faire ce saut dans l’inconnu. « J’ai vu qu’on pouvait vivre heureux avec cette vie-là, que c’était un lieu qui pouvait combler quelqu’un, » dit-elle avec engouement.

Il y a deux ans, la jeune professeure des écoles n’envisageait pas de mettre la foi au coeur de sa vie. L’année prochaine elle prendra une année de congé pour rejoindre une communauté. Le temps de décider si elle franchit ou non le pas. « Je reste très libre dans la perspective et je refuse de m’enfermer. »

 

*Le prénom a été modifié

 

Eclairage

Les Etats-Unis en faveur des femmes prêtres

Le New York Times et CBS News ont sondé les catholiques américains sur leur perception de l’Eglise. Les résultats montrent que les personnes interrogées sont en faveur d’une plus grande place accordée aux femmes au sein de la hiérarchie catholique.

 

Voir l’ensemble du sondage sur le site du New York Times : http://www.nytimes.com/interactive/2013/03/05/us/catholics-poll-graphic.html?ref=us