Al Mawlid – Faut-il fêter la naissance du prophète Mahomet ?

Al Mawlid – Faut-il fêter la naissance du prophète Mahomet ?

La fête Al Mawlid, ou mawlid nabawi (« Jour de naissance du prophète »), aussi nommée mouloud, est une fête musulmane qui célèbre la mise au monde du prophète Mahomet, représentant de l’Islam. Elle apparaît quelques siècles après la mort de Mahomet en 632, et se célèbre le 12 de Rabia al Awal, le premier mois du printemps sur le calendrier institué par le messager de Dieu. Mais l’opportunité de fêter cette journée divise très profondément, et depuis des siècles, les théologiens musulmans.

En 2018, cette fête sera célébrée autour du mardi 20 novembre 2018. La date doit être confirmée en fonction du calendrier lunaire.

Les origines des litiges sur Al Mawlid

A la mort du prophète, le courant de l’islam qui formait un tout s’est divisé en deux oppositions religieuses qui ne reconnaissaient pas le même successeur du représentant de l’Islam. Les sunnites, traditionalistes et majoritaires, souhaitent que Abou Bakr (dit al-Siddiq, « le juste »), ami et fidèle du prophète lui succède, tandis que, ceux qu’on appellera plus tard les chiites, souhaitent que ce soit Ali Ben Abi Taleb, le gendre (et cousin) du messager de Dieu.
Abou Bakr prendra initialement la succession du prophète en 632 avant de mourir en 634. Ali deviendra lui le 4e calife en 656 avant d’être assassiné en 661 par un de ses opposants personnels issu du kharidjime, la troisième voie historique de la religion musulmane. (Précisons ici qu’au XIe et XIIe siècle, le courant religieux du soufisme, autre branche de l’Islam, apparaît mélangeant les doctrines sunnites et chiites.)

La fête Al Mawlid en elle-même trouve vraisemblablement son origine dans la tradition chiite durant la dynastie des Fatimides. L’anniversaire du représentant de Dieu était célébrée, ainsi que celui de Fatima, Ali, et du calife au pouvoir, car symbole de la succession de l’envoyé de Dieu.

En 1905, durant le règne du calife Al-Musta’li dont la religion était orientée vers les doctrines de la sunna, la suspension des cérémonies créa alors une opposition directe des deux branches de l’islam.

La perpétuation des traditions jusqu’à aujourd’hui

Plus récemment, le salafisme, aussi appelé wahhabisme, a largement contribué à la discorde. Rappelons que le salafisme est aujourd’hui partagé en deux courants divergents. Le salafisme djihadiste, où les doctrines du salafisme sont une idéologie utilisée pour justifier des actes terroristes à travers le monde et le salafisme quiétiste qui défend une religion en dehors de toute activité politique.

Les salafistes djihadistes d’Arabie saoudite affirment que la célébration de la naissance de Mahomet n’est pas une fête religieuse. Pour eux, il n’existe que deux fêtes : l’ Aïd al-Adha, commémoration du sacrifice d’Abraham, et l’ Aïd el-Fitr, célébration de la fin du jeune du Ramadan. La fête Al Malwid est ainsi, pour eux, une innovation religieuse (bidah) qui dénature l’Islam, et constitue même un péché (haram).

Malgré ces fatwas salafistes, chaque année, à travers le monde, des concerts, des conférences et des débats sont organisées à cette occasion. Les musulmans (sunnites et chiites) en profitent pour mettre en avant les arts et la culture universelle de leur religion à travers cette célébration symbolique.

Les traditions et rituels de Mawlid nabawi

Les célébrations incluent des chants poétiques qui célèbrent la naissance du messager et racontent divers épisodes de sa vie décrite dans le Coran. Il y est célébré comme l’envoyé de Dieu et un modèle de conduite morale pour l’ensemble des générations présentes et futures.

Comme à Noël pour les chrétiens, les musulmans offrent des cadeaux aux enfants et fêtent l’occasion par des jeux de lumière avec des bougies et des feux d’artifice. Ils se déplacent à la mosquée pour chanter. C’est une fête familiale où il est important de partager le repas. On y mange les plats traditionnels, différents pour chaque pays.

2 réactions au sujet de « Al Mawlid – Faut-il fêter la naissance du prophète Mahomet ? »

  1. Merci pour cet article qui nous informe sur la naissance du messager Mouhammad paix et salut soit sur lui ;néanmoins un rectificatif s’impose : le courant majoritaire après la mort du prophète n’était composé alors que des sunnites et les chiites apparaissent comme opposants aux quatrième calife ALI ironie de l’histoire ce sont eux qui contestent le choix d’Abou Bakr comme premier successeur.

    1. Merci de ces précisions. J’ai apporté quelques modifications pour préciser les positions chiites et sunnites (qui sont en effet majoritaires). Merci de votre aide. J’apprécie beaucoup vos remarques…

      Sauf erreur de ma part, les chiites soient bien les partisans d’Ali, et non ses opposants (bien que leur nom apparaît surtout lors de l’exil d’Ali quelques années avant son assassinat). C’est le kharidjisme qui est la branche qui s’est opposée à Ali lorsqu’il a accepté l’arbitrage avec Mouawiya en 658, et dont est issu l’assassin d’Ali.

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