Histoires de cultes

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Menus sans porc à la cantine : où en sommes-nous ?

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Le débat a alimenté la campagne électorale des présidentielles de 2017 en France : les cantines municipales sont-elles tenues de proposer des menus de substitution ? Principalement visées, les pratiques alimentaires de la religion musulmane et juive interdisant la consommation de porc. Les partisans de la liberté religieuse, de la laïcité à l’école, des valeurs de la république et des droits fondamentaux de l’enfant, s’opposent désormais devant les tribunaux, malgré la décision du Conseil d’Etat en 2002, qui affirmait que l’absence de repas de substitution ne méconnaissait pas la liberté religieuse.

Deux décisions récentes en Saône-et-Loire et dans le Gard

C’est Nicolas Sarkozy, ancien président de la république, qui avait le premier provoqué un tollé en proposant une « double ration de frites » pour les élèves qui ne mangeaient pas de porc, et par là même relancé le débat à l’UMP.

Mais c’est, Gilles Platret, fervent sarkozyste, qui avait créé la polémique dans sa commune de Chalon-sur-Saône en mettant fin aux menus de substitution au porc pour tous les élèves de l’école primaire. Il avait alors reçu une forte opposition de nombreuses associations et parents d’élèves. En Août 2017, le tribunal administratif de Dijon avait censuré cette décision s’appuyant sur les droits fondamentaux et l’intérêt de l’enfant. Cette décision est pour l’instant contestée en appel devant la cour administrative d’appel de Lyon.

Plus récemment, à la rentrée des classes de janvier 2018, Julien Sanchez, maire FN de Beaucaire, a tout simplement imposé du porc à la cantine une fois par semaine, impactant directement 150 élèves sur 600 qui bénéficiaient auparavant de repas de substitution sans porc. Hautement politique cette décision locale relance forcément le débat au niveau national.

La position de l’état français

Dans une circulaire, publiée en 2011, le ministère de l’intérieur explique que la cantine scolaire est un « service public administratif facultatif » soumis « au principe de la libre administration des collectivités territoriales ». L’organisme gérant la restauration (mairie, département ou région) a ainsi la liberté totale de proposer ou non des menus de substitution, à condition que l’alimentation proposée reste équilibrée, variée et que chacun ait à sa disposition de l’eau et du pain.

Quelle solution adopter ?

Faut-il pour autant, comme l’a demandé le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, l’interdiction de la viande dans tous les cantines scolaires et proposer des menus végétariens pour faire disparaître le problème ? Ce serait alors la filière porcine qui crierait au scandale !

Pour être conforme aux règles, les cantines doivent déjà permettre aux élèves d’apporter un panier repas et en assurer la conservation et la fraîcheur pour les enfants souffrant d’allergies ou d’intolérances alimentaires. Un repas de substitution « fait-maison » en quelque sorte. En attendant une éventuelle décision de la cour administrative de Lyon.

Auteur : Phil Arvis

Passionné de foi et de religion, je fais des études par correspondance dans une faculté de théologie pour mieux comprendre les divers courants de pensées et l'histoire des religions et des cultes (d'où le nom de ce blog d'ailleurs!). Je m'attache à décrire ce que je comprends de certaines d'entre elles et j'espère ainsi pouvoir instaurer un dialogue constructif entre les religions. N'hésitez pas à me contacter, je serai ravi d'échanger avec vous !

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